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Applis de rencontre : arnaques, faux profils IA, crise de confiance

Tinder Swindler relance une appli, des réseaux d'IA catfishent des milliers d'utilisateurs : zoom sur la crise de confiance des applis de rencontre.

Par Mathis Mauprivez

5 min de lecture

Illustration de couverture Premeets avec le titre "Applis de rencontre : arnaques, faux profils IA, crise de confiance" affiché sur le dégradé de marque Premeets, et l'application visible sur un smartphone au premier plan.
Sommaire
  1. Simon Leviev relance une appli de rencontre malgré son passé
  2. Des réseaux d’IA industrialisent le catfishing
  3. Un cas concret : 1,2 million de dollars envolés à Norfolk
  4. Pourquoi le profil seul ne suffit plus
  5. Premeets : miser sur le contexte plutôt que sur un profil isolé
  6. En conclusion

Cette semaine, l’actualité autour des applis de rencontre ressemble à un condensé des pires craintes des utilisateurs : un escroc mondialement connu relance sa propre application, pendant que plusieurs enquêtes révèlent l’ampleur du catfishing dopé à l’intelligence artificielle. De quoi rappeler que l’arnaque sur application de rencontre n’est plus un fait divers isolé mais un vrai sujet de sécurité en ligne. Entre faux profils générés par IA, chatbots payants et escroqueries sentimentales à plusieurs millions, la confiance devient le vrai problème à régler, avant même de parler de swipe ou d’algorithme.

Simon Leviev relance une appli de rencontre malgré son passé

Simon Leviev, de son vrai nom Shimon Hayut, est le « Tinder Swindler » rendu célèbre par le documentaire Netflix de 2022 : il aurait soutiré plusieurs millions de livres à des femmes rencontrées sur Tinder en se faisant passer pour l’héritier d’un magnat israélien du diamant, selon LBC. Condamné pour fraude, vol et faux en 2019, il a purgé une peine de prison avant d’être banni de Tinder.

Il annonce aujourd’hui le lancement de sa propre application, baptisée « Safe Love », affirmant connaître les « points de rupture » des plateformes existantes, d’après Metro. Invité sur ITV pour en parler, il a été confronté par l’animateur Ben Shephard, qui a jugé la démarche déplacée :

« Il n’y a rien de “nice” dans le Tinder Swindler, ni dans ce que ces femmes ont vécu. » , Ben Shephard, cité par Metro

Leviev a reconnu savoir « mentir », « tricher » et « manipuler », évoquant même un faux passeport utilisé par le passé, avant d’assurer vouloir « tourner la page », toujours selon Metro. De quoi alimenter, à raison, la méfiance envers les applis de rencontre.

Des réseaux d’IA industrialisent le catfishing

Le même week-end, The Verge a documenté un réseau d’une trentaine d’applications de rencontre où la majorité des conversations n’impliquaient aucun humain, selon The Verge. Des applis comme Dora, Doni, Romi ou Kira, disponibles sur le Google Play Store et l’App Store, s’appuyaient sur des personas IA propulsés notamment par Claude, l’intelligence artificielle d’Anthropic, pour flirter et faire durer la conversation.

Selon Anthropic, cité par NDTV, plus de 4 700 faux profils IA ont échangé avec au moins 25 000 personnes réelles, trois profils sur quatre étant entièrement fabriqués. Quelques travailleurs freelance étaient payés pour passer de brefs appels vidéo ou suivre des comptes sur les réseaux sociaux, histoire de rendre l’ensemble crédible, tandis que l’IA gérait le reste des échanges :

« La majorité des échanges n’impliquaient aucun agent humain. » , The Verge

Concrètement, les utilisateurs achetaient des « pièces » ou des « gemmes » pour continuer à discuter, sans savoir qu’ils parlaient, et payaient, le plus souvent une machine. Anthropic a précisé que le réseau a pu être tracé jusqu’à un groupe basé en Chine, et que certaines applis étaient encore en ligne le 17 septembre malgré les signalements, selon NDTV.

Un cas concret : 1,2 million de dollars envolés à Norfolk

Ces arnaques ne restent pas virtuelles. À Norfolk, en Virginie, des enquêteurs affirment qu’un homme a utilisé des applications de rencontre pour soutirer 1,2 million de dollars à ses victimes, selon WTKR. Un montant qui illustre à quel point l’escroquerie sentimentale peut aller bien au-delà d’un simple abonnement payant détourné.

Pourquoi le profil seul ne suffit plus

Ces trois affaires pointent vers le même constat : le profil, aussi soigné soit-il, ne garantit plus rien. Un faux profil peut aujourd’hui réunir :

  • des photos crédibles générées ou retouchées par IA
  • un historique de conversation fluide et naturel, entretenu 24 heures sur 24
  • de faux appels vidéo, avec un arrière-plan flou ou une excuse plausible pour ne jamais montrer son visage
  • des comptes de réseaux sociaux suivis par de vrais travailleurs payés pour la mise en scène

Même la vérification par selfie, censée prouver qu’on discute avec un humain, montre ses limites face à des visages entièrement générés par IA, introuvables par recherche d’image inversée. Le vernis de confiance, badge vérifié, photo nette, bio détaillée, ne dit plus grand-chose de ce qui se passe réellement derrière l’écran.

Premeets : miser sur le contexte plutôt que sur un profil isolé

Face à ce constat, Premeets aborde la rencontre différemment. Plutôt que de faire matcher deux profils isolés derrière un chat, sans lien avec le réel, l’application part d’un contexte concret : un lieu et un moment. On indique où l’on va (un bar ce soir, un festival ce week-end, un hôtel, un camping, une prochaine destination), et Premeets montre qui a prévu le même endroit, au même créneau, avec l’établissement, le quartier ou la distance affichés.

Ce point de départ change la donne : un lieu et une date réels, partagés par plusieurs personnes en même temps, sont bien plus difficiles à fabriquer qu’un profil isolé avec de fausses photos. La discussion sert avant tout à s’organiser avant de se retrouver pour de vrai, pas à alimenter indéfiniment un chat payant. Premeets propose aussi des filtres mutuels (âge, genre, dates, activités), une messagerie rangée par plan (amis, sorties, séjours), ainsi que le signalement et le blocage, sans réutiliser les données ailleurs. L’application ne se limite pas à la drague : elle sert aussi à élargir un groupe, à partir seul en confiance, ou à savoir qui sera dans son hôtel ou son camping.

En conclusion

Entre le retour médiatique du « Tinder Swindler » et la découverte de réseaux entiers de faux profils IA, la confiance est devenue le vrai enjeu des applis de rencontre, avant même la question du match ou du swipe. Rester vigilant face aux demandes d’argent, aux appels vidéo qui échouent toujours, ou aux profils trop parfaits reste indispensable. Et repenser la rencontre autour d’un lieu et d’un moment réels, plutôt que d’un profil seul, est une piste concrète pour redonner du sens à la confiance en ligne.

Sources

Les informations de cet article s’appuient sur les sources suivantes.

  1. How investigators say a man used dating apps to steal $1.2M from Norfolk - WTKR (News 3 WTKR Norfolk, 17 septembre 2026)
  2. Ben Shephard branded 'the man' after losing temper grilling Tinder Swindler - Metro.co.uk (Metro, 17 septembre 2026)
  3. Dating App Scams Use Gig Workers, AI Chatbots To Deceive Thousands - NDTV (NDTV, 17 septembre 2026)
  4. The sexy AI-powered dating app scams are here - The Verge (The Verge, 16 septembre 2026)
  5. 'Distasteful' Tinder Swindler launches dating app after fraud sentence - lbc.co.uk (LBC, 16 septembre 2026)

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